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Reportage

Paroles de Casseurs

Mercredi, 31 Octobre 2007

On les voit d'habitude en une de Paris-Matchou chez PPDA. Venus des banlieues pauvres ou de la gauche extrême, ils n'aiment pas la police et ses gaz lacrymos. David, Stéphane et Driss sont des casseurs. Chacun pour des raisons différentes.

 

DRISS
Driss a 18 ans. Originaire de Savigny-sur-Orge dans l'Essonne, il a participé aux violences des manifestations anti-CPE. Il l'avoue : pour casser, pour voler et pour montrer que la banlieue existe.

La banlieue descend à Paris
« Quand tu fais le trajet en RER, faut pas être nombreux : deux ou trois, pas plus, sinon t'es cramé. Ce jour-là, on part vers 14h00. A chaque station, y a des casseurs qui montent. Ils viennent « faire leurs courses » à la manif, ça se voit trop. Moi, je sais pourquoi j'y vais : pour taper et pour me taper avec les schmitts. A St Michel, on se retrouve sur le quai. On est genre 1 000. Je reconnais des mecs de Savigny comme moi, des mecs de Vitry, des mecs d'IvryÂ… Le but, c'est d'arriver par petits groupes et de se rassembler une fois sur place. On se capte avec les portables, en envoyant des textos. Faut jamais arriver au début de la manif : quinze re-nois ou re-beus avec des capuches, c'est cramé direct. L'idée, c'est de rentrer dans le cortège quand la manif a démarré.
Nous, on décide de rentrer boulevard du Montparnasse. On repère des mecs qui s'éloignent de leurs potes et on les chasse. Quand ils se relèvent, patate. Là, on prend leur portable. Après, faut t'éparpiller dans la foule, jamais rester sur place. On sait jamais. Cinquante mètres plus loin, tu recommences. A ce moment-là, j'ai déjà deux Samsung et un i-Pod. C'est trop facile, le service d'ordre est bidon. Ils ont pris des volontaires, y a même des meufs. Tu les secoues, elles pleurent. A un moment, je vois un mec en train de prendre des photos avec son numérique. Je me cale derrière lui avec deux potes et je lui arrache l'appareil. Là, je sais pas ce qui se passe, il se défend et moi, je glisse sur un truc. Je me retrouve par terre et mes potes lui tombent dessus : boum, grandes claques.»

La police charge
« On arrive à Invalides et c'est déjà chaud. Avant, y avait eu des embrouilles au Sofitel, des voitures cramées et des vitrines qui avaient volé. Les pompiers sont arrivés et ils se sont fait caillasser. Nous, on commence à se rassembler et à caillasser les schmitts. Ils peuvent rien faire parce qu'il y a encore trop d'étudiants. On fait les poubelles et on balance toutes les bouteilles qu'on peut trouver. On commence à péter des grilles, des branches d'arbres et on fait des barricades. Des mecs arrivent avec des jerrycans et on met le feu. Les schmitts s'en prennent plein la tête et tu sens qu'ils sont rageux. Quand ils attrapent un mec, ils se mettent à quatre dessus. Bam, bam, coups de matraques. Le plus chaud, c'est d'esquiver les vil-cis. Ils s'habillent comme des cailles : casquettes New York, baskets, petits sweats à capuche. Y'en a qui y vont au vice, genre bonnets rasta, foulards d'Arafat. Tu jettes un caillou et tu te fais serrer direct.
A 18h00, les CRS nous chargent et là, c'est chaud. Je connais plein de potes qui se sont fait serrer. A la fin, tu voyais les mecs alignés contre un mur, les mains dans le dos avec les pinces. Quand ils chargent, il faut esquiver les arbres et les bancs. Ça court dans tous les sens mais dès qu'on peut niquer un schmitt, on le fait. Va voir les images sur Dailymotion, tu vas halluciner. Dès qu'un flic sort du troupeau, on le défonce. Ils se chient dessus, ça se voit. On dirait qu'ils ont pas d'ordres, qu'ils sont perdus : ils avancent, ils reculent, ils servent à rien. Dès qu'ils balancent des lacrymos, on les renvoie vers eux avec un grand coup de pied. Ils savent qu'on est trop nombreux et qu'on a trop la dalle. On montre qu'on est là, qu'on existe et qu'on nique tout. On nous a trop longtemps oublié.»


STEPHANE
Nous l'appellerons Stéphane. Sous le coup d'une peine de prison avec sursis, il préfère garder l'anonymat. Membre d'un groupuscule d'extrême gauche, il occupe son temps entre la fac et le collage d'affiches. Mais aussi la castagne.

Les préparatifs
« Une heure avant la manif, le mieux, c'est de prendre des comprimés anti-histaminiques comme la Rumicine. C'est excellent contre les lacrymos. Tu trouves ça en pharmacie, sans ordonnance. Si tu te retrouves au milieu des lacrymos, couvre-toi le nez et la bouche avec un masque que t'as préparé chez toi, avec un coton trempé dans l'eau bicarbonatée. Tu peux aussi prendre du jus de citron sur un coton ou de l'oeuf et du vinaigre. Si jamais t'es gazé, mets surtout pas d'eau, ça va brûler encore plus. Prends de la Polarmine en sirop.
Viens jamais dans une manif qui va dégénérer les mains dans les poches : mets un casque, un protège-dents - celle-là, je l'ai perdue au 1er mai quand on s'est tapé avec les mecs du FN. Mets plusieurs pulls les uns par-dessus les autres pour amortir les coups et prévois une petite matraque. Ça peut aller du simple manche à balai scié jusqu'à la matraque télescopique : elle tient dans la poche et elle se déplie quand tu la sors. En revanche, si tu te fais serrer avec ça, tu finis au poste. Et puis fais pas comme les branleurs de 15 ans qui veulent se la raconter devant les flics : sweat-shirt à capuche et écharpe. Faut pas qu'on voie ta tête. Aujourd'hui, les flics te filment dans les manifs. Si tu balances une pierre sur un CRS et que la caméra te filme, t'as deux OPJ qui viennent frapper à ta porte le lendemain matin 6h00 pour passer en comparution immédiate.»

Une cause à défendre
« Après, ça dépend de jusqu'où tu veux aller. Moi je pense qu'on ne fait pas la révolution avec des manifs ou des tracts. Tu veux que ça change ? Prends les armes, c'est tout. Je sais que c'est un discours extrême mais c'est comme ça que je vois les choses. Voilà ce que je pense : Lis : « L'intensité d'une telle réplique donnera la mesure de notre capacité future à répondre coup pour coup à ses offensives. Si un embrasement des banlieues est prévu et prévisible, il ne pourra tenir qu'en se trouvant, cette fois-ci, relayé jusqu'au coeur de la métropole.» Je n'aime pas le pouvoir ni aucun de ses symboles : état, flics, juges, journalistes, curés. Pour y arriver, il faut casser le système en place. Je serai toujours dans les manifs où je pourrai casser du flic. Je suis un casseur et j'en suis fier. Un casseur de tout le système en place, de toutes les injustices, de toute la répression. J'emmerde les caméras de surveillance et tous ceux qui veulent nous fliquer. Si tu me demandes si j'ai déjà balancé un cocktail molotov, je te réponds oui. Un conseil: jette toujours ton cocktail sur le côté. J'ai vu des mecs le bras ou le dos en feu parce qu'au moment de lancer, l'essence s'est renversée sur eux.»

 

DAVID
David est Juif. A 27 ans, il est pratiquant sans être orthodoxe. Mais quand les Juifs de France sont menacés, il n'hésite pas, il manifeste. Et cogne.

La manifestation
« Ça montait depuis plusieurs semaines. Des synagogues brûlaient, des slogans antisémites arrivaient sur les murs. La veille de la manif, 30 000 mecs avaient défilé à Paris pour soutenir les Palestiniens. J'ai rien contre. Sauf que certains ont commencé à brûler des drapeaux d'Israël ou à montrer des pancartes avec écrit « Juifs = croix gammée ». On a vu les images au 20h00 et on s'est tous envoyé des textos pour se chauffer. Ça a duré jusqu'à 3h00 du mat', non-stop. On voulait tous se venger et montrer qu'on allait pas se laisser faire. Fallait de la casse et fallait que ça se voie.
Le lendemain, le 7 avril, on se retrouve tous à République. Avant le départ du cortège vers Bastille, il y avait eu quelques petites embrouilles, mais rien de méchant grâce au service d'ordre. Moi, tout de suite, je marche en tête de cortège, avec les mecs de la L.D.J., la Ligue de Défense Juive. Je suis pas d'accord avec leurs idées, mais quand il faut se taper, ils sont carrément là. Derrière nous, 200 000 personnes défilent avec des drapeaux d'Israël et des banderoles. Y a des people, des hommes politiquesÂ…
Au fur et à mesure qu'on se rapproche de Bastille, on sent la tension qui monte. Aux balcons, des mecs nous font des doigts d'honneur, on les siffle et on répond. Dans les rues parallèles aux Filles du Calvaire, on sait qu'il y a des frappes. Des jeunes Juifs reviennent en sang. Arrivés à Bastille, ça fritte avec les journalistes de LCI et de France 2. Ils sont chahutés. Des manifestants attrapent les appareils photos et les écrasent au sol. Là, les organisateurs de la manif appellent à se disperser, dans le calme. Mais on est trop chauds, ça peut pas se finir comme ça, on veut que ça parte en couille. Et les flics le sentent. Ils demandent aux cafés de ranger leur terrasse et de fermer boutique.»

Ça castagne à Bastille
« Et tout d'un coup, on entend des cris et on sait qu'il y a de la tape. Ce bruit-là, on le connaît par coeur. On l'a déjà entendu dans le Marais une semaine avant. On fonce vers la rue de la Roquette où ça tape dans tous les sens. Je baisse la visière de mon casque et je ramasse une bouteille par terre. Au début de la rue de la Roquette, on est une trentaine et on se retrouve nez à nez avec des pro-Palestiniens qui agitent des drapeaux du Hezbollah, un groupe terroriste. Ça charge. J'en vois un de ma taille à côté du grec, avec un keffieh sur le visage. Je cavale et je lui mets un grand chassé. Il tombe sur le trottoir et je lui mets un coup de pied dans la tête. J'ai senti son nez exploser sous ma chaussure. Je vois d'autres mecs arriver vers nous, de Léon Blum. Des mecs plus âgés et plus costauds. J'entends : « Ils ont des couteaux, ils ont des couteaux ! ». On se replie vers la Bastille et quelques mecs sont retranchés dans le café qui fait l'angle. Des Juifs descendent les vitrines et chargent à l'intérieur. Les CRS interviennent et tout le monde finit dans les gaz lacrymos. Je sais que ce jour-là, un commissaire de police a été poignardé. Il a passé plusieurs jours à l'hôpital.»


PETIT LEXIQUE DE LA CASSE :
- Ber-cha : « chabert » en verlan. Désigne les lycéens aisés.
« Ils vont aux Planches et ils ont la mèche : c'est trop des ber-cha ! »
- Bollos : personne qui se laisse frapper ou insulter sans réagir.
« Ce bollos, j'l'ai chassé devant tout le monde, il a rien dit. »
- Chlarper : mettre un coup de pied à quelqu'un.
« Comment j'lai chlarpé, ce raclo-là. Il a eu trop mal! »
- Chtar : policier.
- Géhavé, G.A.V. : garde à vue.
- Gazeuse : bombe à gaz lacrymogène utilisée par la police.
- Hagra (faire une) : dépouiller quelqu'un.
- J.V. : « jeunes violents » dans le langage des Renseignements Généraux. Sert à qualifier les casseurs dans les rapports de police.
- Sbeul : bordel, en arabe.
- Vil-ci : policier en civil, en verlan.
« Le mec, il s'approche et il me demande si j'ai des feuilles. Je sors une barrette et il me colle au mur. C'était un vil-ci ce bâtard ! »

 

Par Vincent Martin // Photos : Vincent Martin et DR.



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Commentaires

Les commentaires sont modérés.
  • john - Samedi, 14 Février 2009

    "faire la hagra"( et non pas "faire une hagra") ça veut dire faire la misere, s'acharner sur quelqu'un et non pas depouiller quelqu'un comme tu le dit dans ton lexique ( bidon )

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Les autres se battent pour réussir, et quand ils n y arrivent pas, il ne se déchaînent pas sur les autres. C est exactement le cas de tous mes meilleurs amis d enfance que je vois encore tous les week-end : certains ont réussi, d autres sont toujours en galère, mais aucun n adhère à la violence. D ailleurs, je retourne encore dans ma cité tous les week-end, comme vous l avez dit rien ne change, et mes parents sont toujours là, dans leur appart de merde avec leur unique pension d invalidité. Alors d accord, admettons qu il faille pardonner la violence lorsqu elle est justifiée par un Etat qui abandonne complètement les reclus des cités (ce que j accepte volontier surtout vu la conjoncture actuelle). Pourquoi ne vont-ils pas braquer les banques ou les quartiers friqués ? (attention, je ne cautionne pas hein, je vais juste encore une fois souligner leur bêtise).

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Les autres se battent pour réussir, et quand ils n y arrivent pas, il ne se déchaînent pas sur les autres. C est exactement le cas de tous mes meilleurs amis d enfance que je vois encore tous les week-end : certains ont réussi, d autres sont toujours en galère, mais aucun n adhère à la violence. D ailleurs, je retourne encore dans ma cité tous les week-end, comme vous l avez dit rien ne change, et mes parents sont toujours là, dans leur appart de merde avec leur unique pension d invalidité. Alors d accord, admettons qu il faille pardonner la violence lorsqu elle est justifiée par un Etat qui abandonne complètement les reclus des cités (ce que j accepte volontier surtout vu la conjoncture actuelle). Pourquoi ne vont-ils pas braquer les banques ou les quartiers friqués ? (attention, je ne cautionne pas hein, je vais juste encore une fois souligner leur bêtise).

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Les autres se battent pour réussir, et quand ils n y arrivent pas, il ne se déchaînent pas sur les autres. C est exactement le cas de tous mes meilleurs amis d enfance que je vois encore tous les week-end : certains ont réussi, d autres sont toujours en galère, mais aucun n adhère à la violence. D ailleurs, je retourne encore dans ma cité tous les week-end, comme vous l avez dit rien ne change, et mes parents sont toujours là, dans leur appart de merde avec leur unique pension d invalidité. Alors d accord, admettons qu il faille pardonner la violence lorsqu elle est justifiée par un Etat qui abandonne complètement les reclus des cités (ce que j accepte volontier surtout vu la conjoncture actuelle). Pourquoi ne vont-ils pas braquer les banques ou les quartiers friqués ? (attention, je ne cautionne pas hein, je vais juste encore une fois souligner leur bêtise).

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Déjà, je ne suis pas de droite, je me sens socialiste bien que je ne crois plus guère en aucune force politique de ce pays. Pour info j ai voté Besançenot au premier tour, blanc au deuxième. Mais voilà le raccourci bien facile que j attendais : je suis virulent dans mes propos envers les \"jeunes des quartiers\" (comme moi à la base je le rappelle), donc je suis de droite. N importe quoi. Autre chose : je n ai jamais dit que je faisais parti d une minorité qui s en est sorti. J ai dit avec ironie que j étais un \"miraculé des cités\" (notez les trémas), en soulignant que j étais certain de ne pas être le seul. Il ne faut pas être sorti de St-Cyr pour se douter que même dans les cités les plus pourries de France, ceux qui vous font les poches, vous crament votre voiture ou vous tape dessus gratuitement, ce sont EUX qui constituent une minorité, et heureusement !

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    Les casseurs de manifestation ont existé de tout temps, ils sont même bien souvent envoyés par les forces de l'ordre afin de dissuader les manifestants de poursuivre leurs actions. Je n'excuse pas ces actes d'une grande violence, mais la misère engendre inéluctablement la violence. Certains ne parviennent pas à intellectualiser la rage qu'ils éprouvent envers la société et leur marginalisation leur apparait comme une solution. C'est votre discours, Noureddine qui me semble de droite, il suffit d'analyser la violence des termes que vous employée pour s'en rendre compte. Cet espèce de cloisonnement intellectuel qui vous est dommageable, car l'information semble être à votre portée, pourquoi ne pas jeter un coup d'oeil sur la réflexion intéressante qu'a engendré ce mouvement des banlieues ?

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    irs sont souvent mal desservies par les transports en commun, et l'accès à la culture leur est bien souvent impossible lorsqu'elle ne leur est pas tout bonnement inconnue…Sans oublier l'état qui sucre les subventions accordées aux associations locales qui fournissent un travail formidable. Car il faut se figurer ce quotidien, bercé par l'illusion d'une réussite scolaire éventuelle, quel enfant a envie de travailler lorsqu'il n'a pas mangé, quand il a froid ou est malade ? Ce qu'il se passe aujourd'hui en France c'est l'aboutissement d'un cycle prévisible de délaissement, que l'on ne pourra résoudre par la répression ; les gens en ont marre que l'on se moque d'eux (gouvernements de Gauche comme de Droite…). Aussi vous attribuez la réussite électorale de Sarkozy et le drame Le Pen aux comportements de ces jeunes gens, ce que je ne crois guère.

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    Aujourd'hui la situation n'a guère évolué, vous en conviendrez, les gens qui habitent dans les cités HLM sont les mêmes, toujours plus délaissés, marginalisés PAR la société et on le leur reproche, je vous invite à lire Désintégration d'Ahmed Djouder, excellent ouvrage sur la question… Car rares seront les personnes capables de trouver la rage de s'en sortir, ce que l'on peut concevoir… Si j'étais à la place des ces jeunes je me sentirai aussi baisée par le système, abandonnée dans une banlieue loin de tous, car il est facile d'affirmer, pour les Bobos Parisiens que ces jeunes sont 100% blâmables, quand leurs enfants à eux ont accès à des Bibliothèques, aux Musées, aux cinémas proposant autre chose que les UGC, aux concerts, aux parcs, à des commerces de proximités autres que ces centres commerciaux inhumains souvent seul endroit de rencontres pour ces jeunes. Ces banlieues dortoirs sont souvent mal desservies par les transports en commun, et l'accès à la culture leur est bien souvent impossible lorsqu'elle ne leur est pas tout bonnement inconnue…Sans oublier l'état qui sucre les subventions accordées aux associations locales qui fournissent un travail formidable.

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    pour mon éducation. Car, Noureddine, votre parcours a également l'air exemplaire mais vous avouez faire parti d'une minorité à avoir pu vous en « sortir » mais qu'en ai t'il des autres ? La situation est pourtant simple, nos parents ou arrières grands parents sont des immigrés, ils ont du quitter leur pays natal pour arriver dans un pays dont ils parlaient à peine la langue pour effectuer des travaux difficiles, se faire quotidiennement humiliés. Ils ont initialement été abandonnés par l'Etat qui les avait FAIT venir ce qui constitue un drame à mes yeux. Vous savez probablement qu'ils vivaient dans des bidonvilles avant qu'on ne les entasse dans des barres HLM excentrées des villes, vous avez probablement lu le « gone du chaaba » d'Azouz Begag, témoignage intéressant sur cette période.

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    Je suis en Terminale L à Paris, j'ai beaucoup suivi les manifs contre les lois Fillon ou contre le CPE et je trouve dommage que l'article ne puisse dégager quelque chose de positif de ce que l'on appelle la « crise des banlieues »… J'étais à Invalides il y deux ans et c'est vrai que cette manif a complètement dégénéré ce qui est dommage, mais malgré tout je trouve le message de Nouredinne extrêmement dur et même réac'. Car c'est ce discours qu'ont alimenté les médias et surtout la télévision à cette période ; celle de jeunes gens inconscients, sauvages et violents… Mais la question est également de savoir ce qui a alimenté cette violence par rapport à la société. Je suis dans une situation à la fois similaire et différente, ma mère est fille d'immigrée, elle a eu un parcours difficile, à mes yeux tout à fait louable, elle est aujourd'hui libraire et cela a été salvateur pour mon éducation.

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    De tous nos militant(e)s, je n en connais aucun(e) qui se soit comporté(e) en casseur... Il faut dire qu étant syndiqués, nous avons un autre rapport avec tout cela, une conscience de ce qu est le travail, une éthique de vie... Pire, je me souviens d une manif sur Paris où nous nous sommes retrouvés entre deux feux, d un côté les charges de CRS, de l autre les mecs venus de banlieues qui isolaient des manifestant(e)s pour les dévaliser. Donc je ferai toujours une différence entre des militants et des casseurs...

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    Bonsoir, Juste une petite précision. Jamais je n ai soutenu les casseurs, fussent-ils d extrême-gauche... Ce que j ai dit dans mon premier mail, et je le réitère, est qu il faut je pense distinguer les militants qui, en manifs, peuvent se retrouver à faire le coup de poing contre les forces de l ordre lors de charges, et les casseurs qui brûlent, volent, agressent... Je suis militant d une orga qui est, quand ça arrange, assimilée aux casseurs... Je l ai malheureusement constaté une fois encore lors des dernières élections, et des manifs qui ont protesté contre Sarko.

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Bien dit Tranber, j en pense pas moins. Les gens ont peur de s exprimer sur ce sujet alors que je suis certain que la majorité des gens pense comment nous. Seulement on a peur de passer pour des racistes, intolérants, ségrégationnistes... Alors que cela n a rien à voir ! On ne peut pas justifier ni donner de sens à la violence ou à la bêtise ! Comme tu l as justement dit : on a rien sans rien, et ça c est depuis la nuit des temps.

  • Tranber - Samedi, 19 Avril 2008

    En ce qui concerne les casseurs d extrême gauche, je les vois comme des paumés qui n acceptent pas le système acutel mais que nous proposent-il? Rien de viable : L homme reste un loup pour l homme. Personne ne se défonce pour le bien des autres. Pire, regarde le nombre de vélib cassés, ou les détoriations dans les lieux publics. Les gens ne font pas attention si cela ne leurt appartient pas. C est triste mais c est comme ça. Et au delà de cela, en quoi les casseurs de gauche seraient plus respectables que les casseurs tels que Driss. Quand tu brûles la caisse d un pauvre vieux sans te poser la question du mal que tu fais, sans te demander les conséquences pour son propriétaire qui peut-être lutte tous les jours pour s en sortir, comment peux tu penser que tu vaux mieux qu un Driss?

  • Tranber - Samedi, 19 Avril 2008

    Hello Anonyme, Je m explique. je vois dans les casseurs comme Driss, des paumés qui cherchent à montrer qu ils existent, à rentrer dans le système sans pour autant comprendre que l on a rien sans rien. Si je ne me défonçais pas tous les jours, je ne serai pas ou j en suis. C est sûr, rester sur un banc à se plaindre, c est tellement plus facile. En france que tu le veuilles ou non, tu as l école et malgré tout ce que l on peut entendre, elle t aide à t en sortir. Je viens de la fac et j ai beaucoup d amis issus de quartiers difficiles qui, aujourd hui ont un excellent job. Donc arrêtons de laisser dire, je suis foutu donc je casse... Personne n est foutu mon pote. Défonce toi. Point

  • Alexandre - Samedi, 19 Avril 2008

    bravo tranber pour ta lucidite. meme si c est vrai que l urbanisme des banlieux est peut-etre pas ce qu on peut appeller un gros cadeau, il y a pire. Paris juste a cote, c est un peu comme un gros gateau derriere une vitre intouchable. Mais les mecs: le gros gateau, il faut le meriter non? c est ca le gout de la victoire, non? que tu sois en banlieue ou avenue victor hugo: si tu t arraches pas, tu tombes.

  • Zélikha - Samedi, 19 Avril 2008

    Je suis en Terminale L à Paris, j'ai beaucoup suivi les manifs contre les lois Fillon ou contre le CPE et je trouve dommage que l'article ne puisse dégager quelque chose de positif de ce que l'on appelle la « crise des banlieues »… J'étais à Invalides il y deux ans et c'est vrai que cette manif a complètement dégénéré ce qui est dommage, mais malgré tout je trouve le message de Nouredinne extrêmement dur et même réac'. Car c'est ce discours qu'ont alimenté les médias et surtout la télévision à cette période ; celle de jeunes gens inconscients, sauvages et violents… Mais la question est également de savoir ce qui a alimenté cette violence par rapport à la société. Je suis dans une situation à la fois similaire et différente, ma mère est fille d'immigrée, elle a eu un parcours difficile, à mes yeux tout à fait louable, elle est aujourd'hui libraire et cela a été salvateur pour mon éducation. Car, Noureddine, votre parcours a également l'air exemplaire mais vous avouez faire parti d'une minorité à avoir pu vous en « sortir » mais qu'en ai t'il des autres ?

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    Il faut dire qu étant syndiqués, nous avons un autre rapport avec tout cela, une conscience de ce qu est le travail, une éthique de vie... Pire, je me souviens d une manif sur Paris où nous nous sommes retrouvés entre deux feux, d un côté les charges de CRS, de l autre les mecs venus de banlieues qui isolaient des manifestant(e)s pour les dévaliser. Donc je ferai toujours une différence entre des militants et des casseurs...

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    Bonsoir, Juste une petite précision. Jamais je n ai soutenu les casseurs, fussent-ils d extrême-gauche... Ce que j ai dit dans mon premier mail, et je le réitère, est qu il faut je pense distinguer les militants qui, en manifs, peuvent se retrouver à faire le coup de poing contre les forces de l ordre lors de charges, et les casseurs qui brûlent, volent, agressent... Je suis militant d une orga qui est, quand ça arrange, assimilée aux casseurs... Je l ai malheureusement constaté une fois encore lors des dernières élections, et des manifs qui ont protesté contre Sarko. De tous nos militant(e)s, je n en connais aucun(e) qui se soit comporté(e) en casseur...

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Bien dit Tranber, j en pense pas moins. Les gens ont peur de s exprimer sur ce sujet alors que je suis certain que la majorité des gens pense comment nous. Seulement on a peur de passer pour des racistes, intolérants, ségrégationnistes... Alors que cela n a rien à voir ! On ne peut pas justifier ni donner de sens à la violence ou à la bêtise ! Comme tu l as justement dit : on a rien sans rien, et ça c est depuis la nuit des temps.

  • tranber - Samedi, 19 Avril 2008

    En ce qui concerne les casseurs d extrême gauche, je les vois comme des paumés qui n acceptent pas le système acutel mais que nous proposent-il? Rien de viable : L homme reste un loup pour l homme. Personne ne se défonce pour le bien des autres. Pire, regarde le nombre de vélib cassés, ou les détoriations dans les lieux publics. Les gens ne font pas attention si cela ne leurt appartient pas. C est triste mais c est comme ça. Et au delà de cela, en quoi les casseurs de gauche seraient plus respectables que les casseurs tels que Driss. Quand tu brûles la caisse d un pauvre vieux sans te poser la question du mal que tu fais, sans te demander les conséquences pour son propriétaire qui peut-être lutte tous les jours pour s en sortir, comment peux tu penser que tu vaux mieux qu un Driss?

  • tranber - Samedi, 19 Avril 2008

    Hello Anonyme, Je m explique. je vois dans les casseurs comme Driss, des paumés qui cherchent à montrer qu ils existent, à rentrer dans le système sans pour autant comprendre que l on a rien sans rien. Si je ne me défonçais pas tous les jours, je ne serai pas ou j en suis. C est sûr, rester sur un banc à se plaindre, c est tellement plus facile. En france que tu le veuilles ou non, tu as l école et malgré tout ce que l on peut entendre, elle t aide à t en sortir. Je viens de la fac et j ai beaucoup d amis issus de quartiers difficiles qui, aujourd hui ont un excellent job. Donc arrêtons de laisser dire, je suis foutu donc je casse... Personne n est foutu mon pote. Défonce toi. Point.

  • Alexandre - Samedi, 19 Avril 2008

    bravo tranber pour ta lucidite. meme si c est vrai que l urbanisme des banlieux est peut-etre pas ce qu on peut appeller un gros cadeau, il y a pire. Paris juste a cote, c est un peu comme un gros gateau derriere une vitre intouchable. Mais les mecs: le gros gateau, il faut le meriter non? c est ca le gout de la victoire, non? que tu sois en banlieue ou avenue victor hugo: si tu t arraches pas, tu tombes.

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    Et oui Tranber, il y a bel et bien une différence entre les militants qui se retrouvent dans des manifs \"dures\", et les casseurs... A mes yeux, les casseurs ne font que reproduire exactement le même schéma de consommation... Le but du jeu pour eux est de s approprier les choses, hors de toute relation au travail, de toute prise de conscience sociale... Mais je crois que je ne t apprends rien ;)

  • tranber - Samedi, 19 Avril 2008

    Pas mieux que Noureddine. J en peux plus de ces : on m a oublié, on ne fait rien pour nous. Mais bouge toi mon pote. Personne ne donne rien à personne. Comment peux tu croire qu un mec va venir te sauver sans y mettre du tiens. Je me demande juste ce qui se passe dans ta tête devant la glace le matin. La tristesse du gars... et puis pour répondre au commentraire sur les mouvements d extrêmes gauches. Pour moi c est identique. arrêtons de faire croire aux gens que l argent tombe des arbres.

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    ...et j oubliais : n oubliez pas que c est grâce à vous que ça a faillit faire gagner le Pen y a 5 ans et demi, et que c est grâce à vous que Sarko est passé y a 6 mois.

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    bled, ni même sur Terre. Je n ai qu une chose à dire à ces gens là : bossez ou crevez.

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Pour l anecdote, alors que je venais d arriver à Lyon où j ai signer mon premier CDI, deux reubeux comme moi se sont jeté sur moi, coup de lame dans la main, coup de savatte dans les jambe, le tout par derrière alors que j étais au téléphone. Ils m ont braqué mon ordinateur portable (mon outil de travail à ce moment là), et tous mes papiers (permis, carte d identité française et algérienne, carte consulaire, CB, passport, carte de sécu, balladeur, tout était dans mon sac). Ils auraient pû détruire le travail de toute une vie... Mais je me suis relevé et je suis toujours là, à me battre, sans arme, sans violence, juste en réfléchissant à tout ce que je fais pour que ça marche. Ce qui est terrible dans tout ça, c est que ce sont ce genre d énergumènes qui suscitent la peur, et par extension, le racisme. Pour moi, toutes ces raclures de lascars et de casseurs n ont rien à foutre ni en France, ni au bled, ni même sur Terre. Je n ai qu une chose à dire à ces gens là : bossez ou crevez.

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    a volonté, en bouffant des pâtes tous les jours dans mon 9m2 quand j étais étudiant, grâce aux bourses d état et à mon boulot de pion. J ai jamais eu besoin de faire les poches à qui que ce soit, ni à cramer la bagnole de qui que ce soit. Parce que ces imbéciles de casseurs, de lascards, de braqueurs, ils ne cherchent même pas à savoir qui ils frappent. Si ça se trouve ils brûlent les voitures de personnes qui sont encore plus dans la merde qu eux. Et le pire, c est qu en général ce sont leurs parents qui prennent, et qui se ramassent la honte... Sûrement des parents comme les miens qui font un travail pénible pour nourrir leurs gosses pendant que ces \"teubés\" (comme ils disent) détruisent tout sur leur passage...

  • Noureddine - Samedi, 19 Avril 2008

    Pour moi les casseurs ne sont que des raclures. Surtout les lascars de la trempe de Driss. J aimerai dire un truc à tous ces pseudo-oubliés de la cité : moi aussi je viens d une cité, moi aussi je suis fils d immigré, musulman, reubeu, et ça se voit bien sur ma gueule.Mon père est handicapé d avoir travaillé à l usine : à 49 ans il était cloué au lit, hémiplégique, à vie. Pourtant, malgré les difficultés, moi, mes frères et ma soeur, on s en est sorti. On en voulait et on a bossé dur. J avais pas d argent, pas de chambre (on était 4 dans 4m2), pas de fringue de marque, mais j avais décidé de réussir en étudiant, en bossant, et aujourd hui j ai un bon poste dans une bonne boîte, j ai réalisé mon rêve, et tous mes potos et ma famille sont fiers de moi. Je sais que je ne suis pas le seul \"miraculé des cités\". Mon combat je l ai mené avec ma tête, sans lame, sans violence, avec de la volonté, en bouffant des pâtes tous les jours dans mon 9m2 quand j étais étudiant, grâce aux bourses d état et à mon boulot de pion. J ai jamais eu besoin de faire les poches à qui que ce soit, ni à cramer la bagnole de qui que ce soit.

  • Anonyme - Samedi, 19 Avril 2008

    Ce qui me choque n est pas l article en lui-même, mais que sous le titre Paroles de Casseurs, on regroupe à la fois des mecs de banlieues qui viennent aux manifs pour voler (au point de dépouiller les manifestants d ailleurs, tel qu expliqué dans l article), et les militants qui, même s ils appliquent l action directe et parfois violente, n ont pourtant rien de casseurs. Je suis dans un service d ordre d une orga militante, tout directeur artistique que je suis. Il m est déjà arrivé souvent de me retrouver sur le terrain à faire face à une charge de CRS, et pour autant, jamais je n ai volé ou agressé quelqu un gratuitement. Et pourtant, je suis assez proche des mouvements genre black block sur les G8 par exemple. A mes yeux, il y a une différence énorme entre un militant qui va au carton, et un casseur, et la violence n est pas du tout la même... Je trouve dommage que l article fasse un peu la confusion en les réunissant sous ce titre...

  • °_° - Samedi, 19 Avril 2008

    merde, ils font tièp .

  • la fraich - Samedi, 19 Avril 2008

    ............ jvoudrais dire un truc intelligent mais je trouve pas la ..... alors juste je lis intelligent cest deja ca....

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