Interviews
Gush - Oh My Gush
Samedi, 07 Juin 2008

S’il est vrai que lorsqu’« un volcan s’éteint, un être s’éveille », alors dans le cas de ces quatre garçons, on doit parler du Piton de la Fournaise ou un truc du même calibre, tant ils sont chauds bouillants quand on les voit sur scène. Haroun Tazieff aurait été fier de ce quatuor de la banlieue parisienne qui s’apprête à mettre le feu au Café de la Danse le 11 juin prochain.

 

Comment vous êtes vous rencontrés ?
Xav :
On s’est connus au lycée mais on a des origines assez diverses : Mathieu vient du Venezuela, Yan est moitié anglais moitié français et notre père, à Mini (Vincent) et moi, vient de Suisse, donc on est un peu suisses.
Mathieu : J’ai vécu 5 ans au Venezuela, puis au Chili et en Colombie.
Xav : On s’est tous retrouvés au lycée de Bougival, mais pas dans la même classe puisqu’on a des âges différents. Mini et moi, on jouait dans un groupe avant et Mathieu, par un plan démoniaque monté de toutes pièces, a volé la place du guitariste qui venait jamais et on a monté K-Wha. Yan était un grand du lycée, il jouait avec d’autres grands, on était impressionnés par son jeu de guitare funky et ses cheveux longs.
Mathieu : Mais on avait tous les cheveux longs en fait… période grunge oblige… et on portait essentiellement des fringues militaires et des jean’s troués et sales.
Yan : …et on se nourrissait exclusivement de la crasse de nos ongles de pieds, ce qui nécessitait beaucoup de souplesse, donc beaucoup d’exercices d’assouplissement…

Quelles sont vos influences les moins avouables ?
Yan :
On ose tout dire…
Mini : Francis Cabrel essentiellement (avé l’accent) et, euh… Michel Polnareff.
Yan : Ouais, les Michel en général, les Michel des années 70 : Michel Delpech, Michel Fugain, Michel Sardou…
Mathieu : Non, on adore Cabrel, franchement… Michel Cabrel, et surtout la pop anglaise des années 60 : Michel Mac Cartney, le mec qui jouait dans les Beatles.

Et vos influences plus récentes ?
Gush (en coeur) :
Beck, Gainsbourg, Neil Young, Bob Marley, Daft Punk, Air…
Mathieu : Santana
Yan : …avec ou sans tana… Y a des trucs bien aujourd’hui, notamment Phoenix, enfin, moi, j’aime bien.

Et dans les petits nouveaux ?
Yan :
The Do, Fancy… Brooklyn et Hugh Coltmann qui ont fait notre première partie à la Boule Noire en février. Moi j’aime bien les LCD Soundsystem, je les trouve déments et j’adore le dernier album de Tellier, OK c’est fait avec un outil très Felix Gray 1987, mais y a un truc vraiment génial dedans.

Votre secret pour avoir une telle énergie sur scène ?
Mathieu :
On n’a pas vraiment de secret.
Yan : Mais on a un truc, alors que pas mal de groupes prennent de la coke avant de monter sur scène, nous on prend de la spiruline.
Mini : Avec ça on arrive à jouir sept fois avant de monter sur scène… et il nous en reste encore.
Yan : Et le vrai plus, c’est qu’on est quatre à chanter, ce qui nous rend capables de développer une identité sonore avec quatre voix différentes, c’est peut-être ça notre botte secrète, la bottée de grand nain…

Comment décidez-vous qui chante sur tel ou tel morceau ?
Xav :
Ça se fait naturellement, on compose tous les quatre alors en général, c’est celui qui compose qui chante.

Pourquoi on te surnomme Mini, Vincent ?
Mini :
C’est une question interdite, je peux pas te répondre.

 


Comment expliquez-vous qu’aussi peu de groupes français actuels touchent au funk, à la soul ?
Yan :
C’est une question de mode, ça va revenir…
Mathieu : Ça l’était dans les années 90…
Yan : Oui, mais c’était plus orienté acid jazz, Jamiroquai, tout ça… Faut dire qu’on a été très influencés par la musique black des années 60-70, la scène de Detroit en général, la Motown, MC Five, ou Funkadelic qu’on aime bien… C’est un peu le même son de musique crasseux. C’est plus l’attitude et la démarche qui nous intéresse que le style musical. Tu prends aujourd’hui les LCD Soundstystem, tu les classes dans quoi ? En indé, un peu funky, un peu électro, un peu rock ?

Vous avez eu des propositions de maisons de disques ?
Mathieu :
On a pas mal de propositions mais on préfère rester indépendants pour l’instant.

Et à l’étranger ?
Mini :
Dans le monde entier ! Le monde entier nous veut…
Yan : Non pas vraiment en fait, mais on était au MIDEM l’année dernière, on a essayé de prospecter un peu, on avait tous une malette et un costume dedans avec écrit dessus “je ne suis là que pour le bizness”
Xavier : On a quand même été contactés via MySpace, on a été pré-selectionnés parmi tous les groupes français du monde de la Terre de l’univers de la France, avec trois autres groupes, pour faire la musique pour des jeux vidéo PlayStation…
Mini : Bon, c’est pas fait, faudrait pas en parler encore…, mais c’est pas rien.
Yan : Tu vois, pour nous, le but est atteint.
Mini : On va peut-être se retrouver dans Guitar Hero 4 !
Yan : Et ça nous permettrait d’aller faire des concerts dans des congrès PlayStation !

Donc vous n’êtes pas prêts de signer….
Xavier :
Ça dépend, certaines conditions peuvent nous intéresser, peuvent permettre de faire évoluer le groupe.

Comment voyez-vous l’avenir du disque ?
Mathieu :
Il passera pas forcément par les maisons de disques, y a tellement de trucs qui se passent avec le net, MySpace, tout ça…
Xavier : Et puis, vu qu’elles ont de moins en moins d’argent, il y a moins d’intêrets à signer.
Mathieu : Elles prennent plus de risques, elles cherchent juste à ne pas perdre d’argent.
Yan : Et elles n’ont plus d’amis, c’est surtout ça…

Qu’est-que MySpace vous a apporté ?
Mathieu :
On est sur MySpace depuis deux ans maintenant, on reçoit à peu près tous les jours des propositions de concerts, des mails de gens qui veulent acheter nos morceaux, des comments de gens qui manifestent de l’intêret pour ce qu’on fait. Je crois que beaucoup de monde nous a découvert grâce à MySpace, dont pas mal à l’étranger.
Yan : En plus de ça, on a un groupe(-uscule) de fans, des blogs dans lesquels on parle de nous.
Mathieu : C’est une super manière d’évaluer la popularité d’un groupe, avec le nombre de “friends”, de comments, d’écoutes... tu peux te faire une idée.
Yan : Tu découvres des nouveaux groupes et quand tu connais déjà un groupe, tu peux rentrer dans son univers, écouter sa musique, voir des photos, des vidéos, des morceaux live, les groupes qui sont liés à lui.

Vous arrivez à vivre de votre musique ?
Xavier :
On vit de la musique en tant que backing band pour plusieurs artistes dont Adanowsky, Leeroy (des Saïan Supa Crew), Mathieu a joué avec les Housses de Racket, Vincent avec Yzia…
Mini : Mais on essaie au maximum de bosser ensemble pour les mêmes artistes, comme ça on a des emplois du temps communs.
Mathieu : Là, on est un peu plus concentré sur Gush.
Yan : Les morceaux sont là, ils ont été enregistrés, ça va être une tuerie.
Mathieu : On ne vit pas encore de notre musique mais on a le temps, pour nous l’important c’est qu’elle soit diffusée.
Yan : On est comme tout le monde, si on peut gagner de l’argent avec ce qu’on aime faire c’est mieux, mais on fait pas ça pour être milliardaires.

Votre E.P. disponible sur les plates-formes de téléchargement légal se vend bien ?
Xavier :
Sur fnacmusic.com, on a été numéro 1 plusieurs fois avec trois ou quatre titres… Faut le dire quand même !
Mathieu : Ouais, c’est vrai qu’on a pas mal vendu, mais bon, l’auto-prod représente pas grand-chose en terme de chiffres, alors t’es vite numéro 1.
Xavier : Ça, faut pas le dire.

Dans la chanson qui fait « she said, she said », vous dites que vous aimeriez dire à quelqu’un que vous êtes fan de lui, vous pensez à qui en particulier ?
Mathieu :
Le morceau s’appelle I Just en fait.
Yan : « She said », ç'aurait pu être entendu comme « Gisèle », un morceau dédié à la mère d’un pote. En fait, cette chanson nous met dans la position de l’ado fan qu’on a tous été. Moi, je pensais à une fille rockstar, à personne en particulier, un peu à Princess Superstar, à Peaches, le style de femmes à envoyer valser ses fans hommes, qui a l’air dégueulasse en public, mais qui doit être très sympa dans la vraie vie. L’idée qui nous plaisait, c’était d’inverser les rôles. La femme sur scène et les mecs qui la regardent d’en bas. Comme quoi, les meufs peuvent être des chiennes sur scène.

Vous vous voyez comme ça, vous ?
Yan :
Ouais…
Mini : Moi non.
Yan : Mais on est sympa.

Vous parlez souvent de sexe dans vos morceaux…
Mathieu :
Oh non, y en a pas tant que ça…
Xav : Y en a pas que ça, mais y en a, c’est vrai.
Yan : C’est une manière déguisée de parler d’amour aussi… P-nis par exemple, à la première écoute, a l’air d’être une chanson tout à fait jaillissante si je puis dire, c’est l’impression qu’elle donne, et à juste titre, mais c’est aussi une façon de parler d’amour.
Mini : La sexualité, c’est de l’amour au premier degré.

Un morceau pour draguer ?
Mini :
No Way (Gush).
Xavier : Un morceau de Barry White
Yan : Disco Laser de Rony Emanuel.
Mathieu : Pour draguer ou pour baiser ?

C’est la prochaine question : un morceau pour faire l’amour ?
L’album de Gainsbourg, Melody Nelson, The Doors, Mickael Jackson (plutôt pour draguer en fait).

Pour quitter quelqu’un ?
Je suis Venu te Dire que je m’en Vais (Gainsbourg), For No One (Beatles), Leave Me (Gush).

Pour se battre ?
The Eye Of The Tiger (Survivor), Killing In The Name (Rage Against The Machine), Beat Will Be (Gush), Fight For Your Right (Beastie Boys).

Pour finir, un peu de pub : vos prochains concerts ?
Le 11 juin, au Café de la Danse, à Paris. (12 euros chez ton marchand de journaux)

 

Clip - I Just

 

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++ myspace.com/wearegush

 

Par Camille Despagne // Photos : Paul Loubette et DR.

 



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