| Jordan Us Road Trip, Part 4 |
| Mercredi, 12 Novembre 2008 | ||||||||||||
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Trio post punk parisien, les Jordan sont actuellement sur le sol américain pour une tournée de trois semaines qui les emmènera de New York à la côte Ouest. Chaque mercredi dans Brain, ils racontent au jour le jour ce road trip en Dodge Caravan, entre concerts dans des sous-sols obscurs, parties de baskets sur des playgrounds, fêtes dans des punk houses et découverte de l'Amérique patriotique. Cette semaine: la Californie.
On vous avait laissés à la frontière mexicaine en plein milieu du Texas. Il s'agit maintenant de rejoindre la Californie et ça fait quand même une sacrée trotte. Direction donc l'Arizona, qui est sur le chemin. On continue à s'enfoncer dans le désert. Le paysage est toujours plus fou, rien à l'horizon, des cactus géants et une température qui avoisine les 37 ° C... On finit par arriver à Phœnix en fin d'après-midi. Tout le monde nous avait décrit cette ville comme assez banale et pas bien passionnante, et c'est pas loin de la vérité... En gros des malls, des buildings moches et des prix exorbitants. On fait une partie de football américain pour s'occuper en attendant l'heure du concert. On part ensuite à la salle, le Trunk Space. C'est une sorte de galerie, fanzinotèque plutôt chouette avec un photomaton, des distros de vinyles et K7, un piano, des fauteuils de cinéma. L'organisateur s'appelle JRC (sic !) et est super bizarre, il ressemble à un prof de maths super désabusé. Ambiance très bizarre, pas énormément de monde, que des hipsters qui font la gueule. Le premier groupe est pas trop mal mais tire aussi la tronche... C'est bien le shoegazing mais bon... le groupe d'après est très bizarre, on dirait du Billy Joel indie... On joue après et je crois qu'avec le concert du Lit lounge, c'est le seul concert ici où on a eu l'impression de jouer devant des robots. Je pense qu'on aurait pu se mettre le feu, leur jeter des serpents à la figure ç'aurait été exactement la même chose. Et encore une fois très bizarrement, les gens viennent quand même nous féliciter. JRC, vient nous voir et nous parle comme un robot sous Tranxène « merci d'être venus, la prochaine fois ne zappez pas Phoenix... » Mouais... L'autre bonne nouvelle c'est que JRC ne nous a pas prévu d'endroit où dormir et ne paraît pas spécialement gêné par cette idée. Mais comme d'habitude tout rentre dans l'ordre comme dans le meilleur happy end américain. On commence à faire un football sauvage en travers du boulevard (ça fait très peur aux conducteurs de pick up...) quand un groupe de garçons et de filles sortent d'un bar à côté. On lie la conversation et en trente secondes, c'est réglé, on a un endroit où dormir. Cool ! On retourne avec eux dans le bar d'à côté, un bar de routiers mais très prisé par les jeunes à la mode de Phoenix visiblement. La musique est assez horrible, du coup on ramène notre van devant la porte du bar et on improvise une block party sur le parking, enfin les Américains se réveillent, on se marre bien. Un DJ plutôt cool débarque avec tout un gang d'amis sous champignons. Tout le monde danse c'est plutôt marrant. On rentre se coucher assez tard, pour changer....
On a répondu à une interview il n'y a pas très longtemps — sur le site shoot me again si ça vous intéresse :) — où l'on nous demandait si on avait des plans de merde en tournée. En gros il y en a toujours un par tournée. Et en l'occurrence, le plan de merde ici s'appelle Marty... Il avait proposé et booké deux dates aussi dans la région de Los Angeles, tout semblait calé pour que tout aille bien. Sauf que vers 11 heures, alors qu'on roule vers Venice Beach, Marty nous envoie un texto et annule tout sous des prétextes pourris qui ne le mettent bien sûr pas en cause... Passée la déception, on décide de ne pas trop se prendre la tête. On file direct vers L.A. On s'arrête d'abord à Santa Monica puis Venice Beach, comme dans les films. Entre les gangstas qui vendent leurs mixtapes, les magasins d'accessoires à fumette et les mecs bourrés de stéroïdes qui font de la muscu en slip... On se baigne un peu puis on file se faire la totale du touriste à L.A. : Sunset Blvd, Hollywood Blvd et ses étoiles. Un peu comme à Austin la ville me fait un effet toc, on passe devant le Viper room, whiskey a gogo, on croise encore des glam rockers, sosies moisies d'Axl Rose... Tout sent le business... un nain déguisé en Chucky propose de se faire prendre en photo avec lui, des guides proposent des visites des lieux « mythiques » (la maison où Sharon Tate s'est fait tuée par Manson, le carrefour où Oliver Stone s'est fait arrêter en état d'ivresse...). On va manger en regardant le match des Lakers (go Kobe !). Idée lumineuse de Cedrick notre « chauffeur » à la nuit tombée pour oublier cette annulation : monter sur Mulholland Drive. Il fait nuit noire, ça monte et ça zig zag dans tous les sens, on se passe l'intégrale des BO d'Angelo Badalamenti et c'est vraiment flippant. Le contraste entre les maisons immenses (mais alors vraiment immenses) et le noir total (probablement pour préserver leur tranquillité). Une voiture de luxe manque de nous rentrer dedans, tout le monde est persuadé qu'il s'agit de Jeff Goldblum, je sais plus trop pourquoi... On finit la soirée à boire des bières sur la colline en face du signe Hollywood et des buildings de L.A. Avant de se faire virer par la police...
Le lendemain, on repart à SF retrouver Jay qui avait produit notre album il y a juste un an... C'est vraiment chouette de le retrouver, on parle du nouvel album et de la tournée de son groupe 31 Knots, de son boulot sur le dernier Deerhoof et de leurs dates avec Joan of Arc. Jay est plein de bons conseils concernant notre direction artistique, on lui donne les démos de nos nouvelles chansons. Le soir c'est encore plus Halloween et ça va pas mieux du côté des Américains. Tout le monde est déguisé dans les rues avec deux grosses tendances : la référence pop culture le plus souvent en duo ou trio (Juno, Daft Punk, Retour vers le Futur) et malheureusement le costume qui se veut sexy mais qui est juste vulgaire (l'infirmière cochonne, la pute et son mac...). Une des potes de Jay a essayé de se déguiser en M.I.A, elle ressemble plus à Run DMC mais c'est bien essayé. En fin de soirée, on repasse chez Jay qui habite lui aussi dans le quartier du crack, peuplé de dizaine de zombies qui fument des cailloux et se prostituent à cent mètres des hôtels de luxe... On file à l'aéroport prendre notre avion pour NYC...
Lire la première partie du Jordan US Tour: ici. Lire la deuxième partie du Jordan US Tour: ici. Lire la troisième partie du Jordan US Tour: ici. Texte et photos : les Jordan.
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